Sainte et belle année
Chers Amis,
Chaque mois de l’année est consacré à une dévotion particulière. Nous connaissons bien sûr le mois de mai, mois de Marie, le mois de mars, dédié à Saint Joseph ou encore le mois de Novembre, mois des âmes du Purgatoire. Le mois de janvier, quant à lui, est consacré à l’Enfant-Jésus et à la Sainte Famille. De fait, en ce début d’année la liturgie nous fait revivre tour à tour les événements de l’enfance du Christ, rapportés par les Evangiles : la circoncision, la visite des Mages, la présentation au Temple, la perte de l’Enfant-Jésus à Jérusalem en sa douzième année… Et c’est tout.
Les Saintes Ecritures n’en disent pas davantage, elles gardent le silence sur la vie de l’humble famille de Nazareth. Nous pouvons cependant nous faire une idée de ce qu’elle était. Bossuet, évêque de Meaux, fait à ce sujet la remarque suivante :
« Ceux qui s'ennuient pour Jésus Christ [à Nazareth], et rougissent de lui faire passer sa vie dans une si étrange obscurité s’ennuient aussi pour la Sainte Vierge et voudraient lui attribuer de continuels miracles. Mais écoutons l'Evangile : « Marie conservait toutes ces choses en son cœur ». L'emploi de Jésus était de s'occuper de son métier [de charpentier] et l'emploi de Marie, de méditer nuit et jour le secret de Dieu. »
Chers amis, quoi de mieux que l’exemple de la Sainte Famille pour nous inspirer, pour nous encourager en ce début d’année civile, propice à de nouvelles résolutions. Car oui, il nous faut prendre des résolutions ! Notre volonté est si faible, si versatile, qu’il faut à tout prix qu’elle se saisisse de ces occasions pour un nouveau départ.
« Nous oublions la maxime des saints qui nous ont averti que tous les jours nous devons estimer de commencer notre perfection ; et si nous pensions bien à cela, nous ne nous trouverions point étonnés de rencontrer de la misère en nous. Il n'est jamais fait : il faut toujours recommencer et recommencer de bon cœur. » nous dit Saint François de Sales.
Mais voilà, le mot « résolution » ne suscite en nous aucun enthousiasme, peut-être même nous fait-il fuir instinctivement ! Reformulons tout simplement l’idée : Dieu m’accorde une nouvelle année d’existence dans le seul but de L’aimer toujours davantage. Comment puis-je utiliser cette année, ce délai pour me rapprocher de Lui, pour grandir en Son amour ? Voilà qui est plus intéressant.
« Nous devons si bien aménager nos années, nos mois, nos semaines, nos jours, nos heures, nos moments, que tout, s’employant selon l'amour de Dieu, nous soit profitable pour la vie éternelle. »
Ici survient le danger d’établir des plans disproportionnés, de rêver à de grands idéaux, de choisir des résolutions admirables certes mais tout à fait irréalisables. Commençons par de petits efforts et portons notamment attention au point suivant :
Spontanément, nous avons la fâcheuse tendance à esquiver notre devoir d’état. Ces mille détails, ces mille exigences qui se présentent à nous à longueur de journées, nous les disons insignifiantes et nous nous gardons bien d’y mettre du soin, de la persévérance. Seulement voilà, l’exemple de la sainte famille nous révèle qu’il n’y a rien d’insignifiant. Si Dieu lui-même en s’incarnant a voulu sanctifier ces réalités, c’est qu’elles ont leur prix. Alors demandons-nous : « quels sont les aspects de mon devoir d’état, de mon quotidien qui me répugnent et que je repousse et renvoie presque instinctivement ? » Nous saurons alors sur quels points porter nos efforts, nous n'aurons qu’à choisir un de ces aspects.
Mes prières et mes vœux vous accompagnent pour cette nouvelle année !
Chanoine Alban Colomb
