Editorial

Messe d’action de grâces : 1er juillet 2018

 

La Messe d’action de grâces pour mes 20 ans de sacerdoce dans la belle église des Jacobins fut porteuse de beaucoup de grâces.

 

 

La Messe en elle-même comme Sacrifice non sanglant que le Prêtre offre comme ipse Christus à son Père pour notre Rédemption suffit en elle-même à signifier cette réalité.

Cependant nous la célébrons en général au milieu d’une famille composée d’hommes, de femmes et d’enfants qui participent à ce qui conviendrait de dire : Le Ciel descend sur la terre pour nous faire monter au Ciel.

 Il y a donc une participation de cette famille mystique et en même temps pratique par les gestes des fidèles qui expriment une attitude. Par exemple on sera assis pour l’enseignement, on sera à genoux pour l’adoration, par le chant qui sera à la fois pratique et mystique. Un cantique populaire sera pratique, le grégorien sera plus mystique dans la mesure où il demeure le chant de l’Église et qu’il porte à la contemplation sans briser le silence de l’âme.

L’Église n’est pas que militante, elle est aussi souffrante et triomphante si bien lorsque l’on célèbre la Messe nous célébrons dans cette réalité cosmique. La Messe n’est pas qu’un rassemblement d’un sacrifice de louange ou d’action de grâces entre gens bien élevés ou qui pensent l’être, elle est d’abord un sacrifice de propitiation.

Ce qui fait dire à Saint Laurent Justinien : « Aucun sacrifice n’est plus grand, plus utile, aucun plus agréable à la divine Majesté que le sacrifice de la Messe, où les plaies de notre Médiateur, sa flagellation et tous les opprobres qu’il a endurées pour nous, sont de nouveau offerts à son Père ; et lui, voyant s’immoler de rechef celui qu’il avait envoyé dans le monde, accorde le pardon aux pécheurs, aux faibles son secours, aux justes la vie éternelle. »

 A la Messe nous ne prions pas seul ; avec nous et pour nous prient le prêtre, les anges, les saints et le Christ lui-même. La Messe nous ouvre les portes de la communion des Saints.

La Messe elle est aussi sacrifice de satisfaction car elle nous permet de racheter les peines temporelles de nos péchés mais aussi ceux des âmes du purgatoire qui ne peuvent plus mériter pour elles- mêmes.

La Messe vient consolider, nourrir nos dévotions, elle nous sauve car c’est la victoire du Précieux Sang qui lave nos péchés, qui triomphe de nos péchés par la Rédemption nous laissant dans l’Espérance de la Résurrection qui nous conduit à la vision béatifique. Comment peut-on trouver cet instant d’éternité long. Qu’elle souffrance d’entendre : « Monsieur le Curé, votre Messe là, elle est trop longue, il faut raccourcir… pensez aux enfants… » Pourtant la Messe la plus longue de l’année, en général pour une paroisse c’est le dimanche des Rameaux reste au niveau du temps bien plus court que celui qu’a pris notre Rédempteur pour sauver chacun d’entre nous.

Cette Messe d’action de grâce, elle était belle car tout était beau et que notre communauté s’est donnée du mal pour la préparer.

Je remercie la chorale qui nous aide à mieux entrer dans le mystère car derrière les chants il y a un travail exigeant qui demande beaucoup de sacrifices et de temps. La régularité des répétitions, la ponctualité aux répétitions, la fidélité dans l’engagement n’est pas chose évidente à notre époque. Dans une communauté de fidèles, comme tout groupe qui la compose c’est une famille dans la grande famille ou doit régner la charité qui passe par la délicatesse. Apprendre à écouter l’autre quand on chante par exemple, permet de moduler sa voix pour que le son qui sorte de la bouche soit non l’expression de notre voix magnifique mais l’expression de la voix de la grâce qui rend le son encore plus beau. Lorsque le Curé obéit au son de l’orgue qui donne l’intonation, la voix est plus belle que lorsqu’il obéit à sa fantaisie, quoique parfois certaines mélodies mériteraient d’être écrites wink.

C’est une école de sainteté et une école missionnaire ou le diable aime s’inviter pour détruire l’harmonie, la joie afin de paralyser les fruits de la grâce. En écrivant cela je voudrais attirer l’attention sur tous ceux qui ne sont pas encore choristes et qui sont souvent heureux de trouver à Saint Jean-Baptiste une belle chorale qui les aide à prier, à entrer dans le mystère, pour vous demander de prier pour vos choristes qui prennent plusieurs heures pour préparer la Messe et qui n’y sont jamais en retard.

Je voudrais aussi remercier les enfants de Chœur qui ont le privilège d’être dans le sanctuaire et qui eux aussi par leur piété et leur souci de bien servir le bon Dieu, aident les fidèles à mieux prier.

Je voudrais aussi remercier toutes les petites mains qui ont travaillé dans le silence.

Je voudrais remercier mes amis prêtres qui ont célébré à mon intention et tous ceux qui ont prié pour moi ce jour.

Oui la Messe était belle, le diable était absent et cela fait du bien d’être avec Dieu.

Chanoine d’Aviau de Ternay