Editorial
Une Vigile Pascale peu commune…
Chers Amis,
Le Christ est ressuscité, Alléluia !
En cette radieuse octave de Pâques toute illuminée par la joie de la Résurrection, je vous propose de revenir quelques siècles en arrière, pour y retrouver Saint Antoine de Padoue, la veille d’un dimanche de Pâques.
Antoine se trouvait alors à Montpellier pour la Semaine Sainte.
« Demain, tu chanteras l'Alléluia lors de la Vigile Pascale », lui dit le Gardien du couvent des Franciscains, « Personne n'est plus digne que toi de chanter le salut pascal. »
« J’obéirai avec plaisir », dit Antoine.
Mais, le même jour, l'évêque de la ville lui demanda de vouloir bien parler au peuple et au clergé, au cours de la Vigile Pascale, à la cathédrale. Comme Antoine, surchargé d'occupations, avait oublié entre-temps l'ordre du Père Gardien, il se déclara prêt à donner le sermon.
Vers minuit, il se rendit donc à la cathédrale qui, à la nouvelle qu'Antoine devait prêcher, était remplie jusqu'à la dernière place. Après les saintes bénédictions de la Vigile Pascale, il monta en chaire et commença d'un ton joyeux :
« Mes biens chers frères, vous qui assistez à cet office de la Résurrection, je vous en conjure, achetez, comme les saintes femmes, les parfums des vertus au prix de votre bonne volonté pour que, vous aussi, vous fassiez sur les membres du Christ des onctions avec la douceur de la parole et le parfum de la bonne volonté. »
Antoine s'éleva ensuite aux considérations les plus ferventes et commenta ce mystère sublime, devant son auditoire attentif. Mais, tout à coup, il s'arrêta. Il venait de se rappeler, avec effroi, qu'il devait chanter l'Alléluia à la messe de son couvent. Comment avait-il pu oublier ainsi le saint devoir de l’obéissance !
Antoine releva son capuchon et demeura quelques minutes dans un profond silence, sans le moindre mouvement, les yeux fixés vers le lointain. Le peuple, qui le regardait avec étonnement, crut que le moine voyait une apparition céleste ; personne n'osait le troubler et chacun retenait son souffle.
Au même moment, dans la chapelle du couvent, on vit Antoine, revêtu des ornements liturgiques, s'avancer vers l'autel et on l'entendit chanter de sa voix harmonieuse le triple Alléluia.
A la cathédrale, le prédicateur abaissa son capuchon et reprit son sermon là où il l'avait interrompu. Avec un saint enthousiasme, il termina sur ces mots :
« Quand le Christ reviendra, à la résurrection générale pour juger tous les hommes, il vous apparaîtra dans sa gloire pour toujours et, durant toute l'éternité, vous le verrez, vous vous réjouirez et vous régnerez avec lui. Puisse-t-il vous accorder cette grâce, Celui qui est ressuscité des morts et à qui appartiennent l'honneur et la gloire, la domination et la puissance, au ciel et sur la terre dans tous les siècles. Que chaque âme fidèle crie, en cette joie pascale : Amen ! Alléluia ! »
A l’invitation de S. Antoine, vivons dans la joie du cœur.
Nous sommes les membres vivants du Christ, nous participons à ces états, nous sommes un avec Lui, déjà sauvés en espérance et ressuscités avec Lui. C'est là le motif de notre espérance et cette espérance nous comble de joie.
« La tristesse est un souffle de l'enfer ; la joie l'écho de la vie de Dieu en nous. »
Chanoine Alban Colomb
