| pourquoi cette rubrique? |
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21/11/2011
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Nouvelle rubrique, nouveau discours … quel ennui ! Sur la musique et particulièrement la musique sacrée ou religieuse … pour quoi faire ? Pourtant, un bref mot d’introduction apporte toujours à la raison ce sel qui manque bien souvent aux choses de la vie et qui leur donne soudain une saveur insoupçonnée que le cœur se surprend à aimer.
Je n’ai pas, ici, l’intention de vous engloutir en un fleuve d’explications lourdes et indigestes mais veux m’en tenir à un modeste ruisseau afin que la matière, musiques sacrée et religieuse, qui pourrait paraître rebutante, devienne limpide et si claire qu’on ait envie de s’y abreuver. Si la rubrique "Un mois – Un livre" est évidente dans l’optique du nécessaire effort à fournir pour sa propre croissance spirituelle, "Un mois – Un disque", qui présente la musique sacrée ou religieuse en relation étroite avec le temps liturgique, participe de la même culture à faire croître, maintenant par la sensibilité auditive, son esprit à la découverte, à la compréhension, à l’appropriation de ces accents qui, assimilant le verbe humain et le magnifiant, s’élèvent bien au-delà du naturel sensible pour toucher au mystère divin. Car la véritable et belle musique n’est pas seulement un ensemble ordonné de sons agréables, elle est surtout un langage universel d’une infinité de "mots" capable d’une infinité d’expressions et de significations. Elle jette un pont entre l’homme au langage limité par sa nature déchue et le domaine mystérieux des réalités transcendantales pour peu qu’elle naisse des trois composantes naturelles que sont la mélodie, l’harmonie et le rythme. La mélodie, succession particulière de notes, chante des sentiments, des passions, elle traduit une pensée, exprime une réalité ou un idéal, évoque un être aimé, une saison, la course d’un ruisseau… Elle peut rire ou pleurer, aimer ou haïr, croire ou désespérer. La mélodie est l’âme de la musique. L’harmonie est la science des accords, la théorie des sons composés de plusieurs notes simultanées. Elle épouse la mélodie, la rehausse, la précise, la nuance, en devient son ornement. L’harmonie touche l’homme dans sa sensation, ses sentiments, ses impressions sensibles, son cœur. Le rythme, ordonnance du mouvement, est la structure de la mélodie et lui donne un contexte dans lequel celle-ci, accompagnée de l’harmonie, peut s’épanouir en d’infinies possibilités. Il atteint l’homme dans la partie corporelle de son être parce que la nature est elle-même remplie de rythmes : les saisons, les battements du cœur, le vol des oiseaux, les vagues de la mer, le souffle du vent,… Comme les rythmes naturels s’inscrivent dans l’immense « ordonnance des mouvements » dont le Créateur est le premier moteur, le rythme de la musique en constitue un élément important de l’ordre. De même, les nuances de l’harmonie et la ligne de la mélodie reflètent les multiples beautés de la musique, comme la gamme des couleurs, la proportion et le tracé des formes font toute la beauté de la Création. Pour son acte créateur qu’est composer de la musique, l’artiste a reçu du Créateur le don de produire de la beauté. Est-ce tout ? La musique n’a-t-elle pas un privilège particulier qui intéresserait le cœur, une dignité plus haute qui soulèverait l’âme ? Ecoutons Mgr Blanchet, autrefois Recteur de l’Institut catholique de Paris : « Notre vie quotidienne, avec les gestes et les travaux où elle s’occupe en s’y dépensant, n’est pas le tout de nous-mêmes. Il y a en nous, qui que nous soyons, une zone secrète d’humanité plus intime et plus essentielle, nappes silencieuses qui sont au-dessous de nos agitations de surface, où nous pouvons bien jeter quelques coups de sonde, mais qu’aucun regard ne saurait épuiser, cœur plus vaste que ses propres sentiments, esprit plus ample que ses conquêtes, capacité infinie creusée en nous et qui fait que rien ne nous peut combler, source sans cesse renouvelée de cette inquiétude et de cette attente qu’aux heures les plus vraies de sa vie connaît tout homme sincère et qu’il s’estime de connaître, sentant bien qu’il n’est jamais plus en accord avec lui-même que lorsqu’il prend conscience de ses manques, signes de grandeur autant que d’indigence. Pour nous exprimer nous-mêmes, nous avons les mots, instruments de la précision et de la vigueur de notre pensée ; […] mais les mots, moyens d’analyse et de définition, sont trop grêles pour l’ampleur de la réalité chrétienne et de la vie totale. La vérité religieuse éveille en l’homme trop d’échos pour que la [seule] parole lui suffise pleinement : l’âme religieuse, en tous temps, chanta [mêlant aux mots les accents de la musique]. Grandeur, gravité et tendresse recueillies de ce chant [et de cette musique] : guirlandes souples et fraîches ou justesse lumineuse des mélodies […], courbes savamment infléchies et entrelacées de la polyphonie […], masse profonde, densité et robuste équilibre du [chant] choral, qui les peut entendre sans entendre résonner en soi quelque chose de soi-même ? Le chant exprime et [la musique] éveille. Ils révèlent et suscitent ce chant secret de l’âme qu’étouffe trop souvent le lourd tumulte de nos occupations ou de nos passions. Ils le disent et, en le traduisant, ils en redoublent l’accent, lui confère une réalité plus assurée et plus distincte ; ils le disent, et en même temps qu’ils expriment la prière la plus personnelle, ils associent les hommes dans l’élan qui les porte au-dessus d’eux-mêmes. Puissance, splendeur, étendue du chant religieux [et de la musique sacrée], quand ils soulèvent ainsi pour les unir fraternellement dans l’infinie charité de Dieu, les pauvres, les douloureuses, les magnifiques communautés humaines. » La musique n’est pas un luxe : elle est liée au mystère le plus secret des âmes. Sachons donc lui accorder un moment dans notre quotidien, 1 heure d’écoute en famille ou en couple. Par une appréciation plus consciente et plus attentive des rapports qu’elle entretient avec le texte de son chant et l’expressivité de ses mélodies, laissons la musique chasser nos préoccupations, faire taire le brouhaha du monde et, de façon paradoxale, placer nos âmes dans le silence où elle pourra redonner aux hommes une signification spirituelle. « La seule fin et le seul but de toute musique ne peut être que la louange de Dieu et la récréation de l’âme. Lorsque cela est perdu de vue, il ne peut y avoir véritablement de musique, mais seulement des bruits et des cris infernaux » (Johann Sebastian Bach). XB |
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